CAJOU : Une mine de richesse pour le BÉNIN.

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Coupe du monde

 Initialement introduit pour le reboisement, l’anacardier (Anacardium occidentale, Anacardiacées), une culture de rente, est devenu la deuxième source d’exportation du Bénin après le coton. En 2000, la noix de cajou représentait plus de 9% des exportations nationales avec 12,5 milliards de Fcfa de noix exportées. En terme statistique, le Benin représente 3 % de la production mondiale et 3éme producteur africain d’anacarde, après la Côte d’Ivoire et la Guinée Bissau.

Deuxième culture de rente après le coton, l’anacarde est une mine de richesse pour le Bénin. La région Zou-Collines constitue en effet, la principale zone de production avec plus de 50% des surfaces. Viennent ensuite Atacora- Donga, Borgou- Alibori, Ouémé-Plateau, et enfin

Mono-Couffo. La région Atlantique-Littoral ne produit pas d’anacarde. Les plantations domaniales représentent aujourd’hui 20% des surfaces en anacarde. On estime à 3 200 ha les surfaces encore exploitables, moyennant des opérations d’entretien et de réhabilitation. Aujourd’hui, la majorité des plantations sont aux mains de paysans qui cultivent individuellement l’anacardier à petite échelle. La dynamique de développement de l’activité est portée par les plantations privées. On estimait en 2015 que 37 % des vergers étaient âgés de moins de 5 ans.

En réalité, le cajou est un produit d’exportation qui procure aux exploitants des vergers d’anacarde un revenu supplémentaire de 45.000 à 130.000 FCFA par hectare. Aujourd’hui différentes organisations s’observent autour de cette spéculation qui bénéficie de beaucoup d’attention de la part du gouvernement depuis la production jusqu’à la commercialisation. En effet, le gouvernement béninois s’évertue aujourd’hui plus qu’hier à régler les différentes imperfections du marché (l’absence d’acheteurs officiels, la forte fluctuation des prix, les risques liés à la monoculture, etc.). C’est dans cette optique qu’une enquête quantitative avait été menée auprès des différents acteurs à savoir 198 producteurs, 61 commerçants et 7 transformateurs. Et les résultats issus de l’étude ont montré que les systèmes de production sont rentables alors que la transformation et la commercialisation des noix ne favorisent pas les paysans encore moins l’Etat. Presque toute la production est bradée vers les pays limitrophes, sans aucune transformation première. Un manque à gagner pour le Bénin à l’image de tous les pays africains qui exportent en moyenne 90 % de leur production annuelle de noix brutes essentiellement vers l’Inde ou encore le Vietnam. Cette perte s’élèverait à plus de 50 millions de dollars (moins de 51 millions d’euros). L’Afrique exporte à l’état brut plus de 90 % de sa production de noix de cajou, essentiellement vers l’Inde. Décortiquées, les noix repartent aux Etats-Unis et en Europe.

Combattre le bradage

Le Benin à travers le Programme d’Action du Gouvernement (PAG) met tout en œuvre pour pouvoir combattre le bradage des noix de cajou. De très bonne qualité, la noix de cajou est recherchée sur le marché international. Avec l’Inde en tête de peloton de sorte que les prix des noix de cajou brutes d’origine béninoise se négocient actuellement à 850 Usd/tonne (442 000 Fcfa/tonne) contre les noix d’origine nigériane qui se négocient elles à 650 Usd/tonne (338 000 FCFA/tonne). Le gouvernement du Benin veut faire de la filière cajou, une véritable source de devise surtout en cette période de crise financière et du déclin de la filière coton. Mieux, toute politique de diversification orientée vers le développement de la filière anacarde sera bénéfique pour tous les acteurs concernés et pour le Bénin. Une politique qui devra surtout viser à amener les producteurs, à pratiquer les systèmes de production les plus compétitifs pour ainsi résorber les divergences d’intérêts observées entre les producteurs qui sont les plus grands perdants face aux commerçants véreux.

8 mars 2018

Rédigé par Steve HODA

 

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